La patience, c'est de ne pas céder à l'impatience.
Et lorsque la dernière pièce du puzzle manque encore, de ne pas donner par dépit un coup de pied dans son ouvrage...
De ne pas briser dans un moment de rage l'échaffaudage méticuleux que l'on a pris la peine d'organiser...
La patience, c'est de supporter quand ça va mal, et surtout,
de ne jamais changer de direction quand on sait de science certaine que c'est la bonne.
Ce n'est pas parce que la tempête nous a fait dévier que nous devons changer d'objectif - le but n'est pas d'atteindre "n'importe quel point pas trop éloigné que je peux rejoindre sans trop d'effort", mais bien de rejoindre un point précis, à tant de longitude et tant de latitudes, défini sur un carte objective, indifférente aux larmes et aux exaspérations, une carte qui ne ment pas.
La patience, c'est de persévérer.
Qu'est-ce qui s'obtient avec la persévérance ?...
Tout ce qui vaut la peine d'être obtenu.
Et qu'est-ce qui s'obtient sans la persévérance ?...
Rien que le suicide, la drogue, l'alcool, la colère, l'ignorance, la paresse, la gloutonnerie, les rêves oiseux et les dépenses idiotes.
La patience, c'est de ne pas lâcher prise sous prétexte que ça ne marche pas tout de suite.
La patience, c'est de comprendre qu'il n'y a pas d'échec - si ce n'est le renoncement.
01 janvier 2007
31 décembre 2006
Logique...
Qui connait "Principes de logique" de Victor Thibaudeau ?
A part ses étudiants, je veux dire ?...
Personne. Et on n'en entendra jamais parlé davantage, parce que tout le monde n'a pas intérêt à ce que tout le monde soit intelligent.
"Sois belle et tais toi/sois bête et vote, ou fais du foot..."
Posez des Gestes Hautement Symboliques !
Consommez nos rêves à très bas prix, qualité extra-fin !
Remuez-vous en cadence sur des pistes obscures, déchirées par des lumières artificielles !
Dévalez des pistes noires, rouges ou vertes, couvertes de neige artificielle !
Si vous vous foulez la cheville, ça vous occupera, et si vous ne la foulez pas vous Consommerez !
Vous remuerez !
Car il faut remuer, bouger ! Acheter ! Se remuer pour acheter, et acheter pour se remuer ! L'un ne va pas sans l'autre...
Trémoussez-vous !
Secouez-vous !
Dépensez pour vous trémousser, et trémoussez-vous pour dépenser vos calories excédentaires !
Soyez comme un lièvre lobotomisé, qui ne saurait même plus qu'il y a une course à gagner, et qui sauterait en tous sens sans savoir pourquoi... Mais si, il le sait : il bondit parce qu'il FAUT bondir !
C'est ça le BIEN !
Bougez, bougez, bougez !
Le divertissement est essentiel !
Le corps remue donc - et la tête, elle, posée sagement sur une étagère, accumule les toiles d'araignées.
Votre tête est fragile... ménagez-là.
Ne remuez pas vos neurones en tous sens, on ne sait jamais où elles pourraient vous conduire... méfiez vous de vos questions : ne les touchez pas.
Ne cherchez pas de réponse.
Restez mentalement tranquille.
Inerte.
Vous dites encore que 1 + 1 = 2 ?... En êtes vous bien sur ? Ne soyez pas trop affirmatif... Restez dans la zone que nous avons sécurisé pour vous : mentalement tout va bien, il ne s'y passe rien.
Que du relativisme mou et des énoncés juxtaposés comme ça, à la va comme je te pousse.
Ecoutez le blabla qui endort...
Votre corps remue mais votre tête, elle, somnole...
Entre dans le sommeil paradoxal...
Ne vous débattez pas, c'est pour votre bien : après cette opération, vous n'aurez plus jamais d'angoisse.
Non, ça ne fait pas mal : on ne vous extrait qu'un kist, une tumeur cancéreuse.
Un grose tumeur de matière grise qui occupe tout votre crâne... Vous comprenez l'urgence, n'est-ce pas ?... Si vous aviez attendu davantage pour vous faire soigner, ça en était fait de vous...
Voilà, ça y est...
Vous êtes guéri, vous êtes libéré : on vous a enlevé votre logique.
Lisez "Principes de logique".
A part ses étudiants, je veux dire ?...
Personne. Et on n'en entendra jamais parlé davantage, parce que tout le monde n'a pas intérêt à ce que tout le monde soit intelligent.
"Sois belle et tais toi/sois bête et vote, ou fais du foot..."
Posez des Gestes Hautement Symboliques !
Consommez nos rêves à très bas prix, qualité extra-fin !
Remuez-vous en cadence sur des pistes obscures, déchirées par des lumières artificielles !
Dévalez des pistes noires, rouges ou vertes, couvertes de neige artificielle !
Si vous vous foulez la cheville, ça vous occupera, et si vous ne la foulez pas vous Consommerez !
Vous remuerez !
Car il faut remuer, bouger ! Acheter ! Se remuer pour acheter, et acheter pour se remuer ! L'un ne va pas sans l'autre...
Trémoussez-vous !
Secouez-vous !
Dépensez pour vous trémousser, et trémoussez-vous pour dépenser vos calories excédentaires !
Soyez comme un lièvre lobotomisé, qui ne saurait même plus qu'il y a une course à gagner, et qui sauterait en tous sens sans savoir pourquoi... Mais si, il le sait : il bondit parce qu'il FAUT bondir !
C'est ça le BIEN !
Bougez, bougez, bougez !
Le divertissement est essentiel !
Le corps remue donc - et la tête, elle, posée sagement sur une étagère, accumule les toiles d'araignées.
Votre tête est fragile... ménagez-là.
Ne remuez pas vos neurones en tous sens, on ne sait jamais où elles pourraient vous conduire... méfiez vous de vos questions : ne les touchez pas.
Ne cherchez pas de réponse.
Restez mentalement tranquille.
Inerte.
Vous dites encore que 1 + 1 = 2 ?... En êtes vous bien sur ? Ne soyez pas trop affirmatif... Restez dans la zone que nous avons sécurisé pour vous : mentalement tout va bien, il ne s'y passe rien.
Que du relativisme mou et des énoncés juxtaposés comme ça, à la va comme je te pousse.
Ecoutez le blabla qui endort...
Votre corps remue mais votre tête, elle, somnole...
Entre dans le sommeil paradoxal...
Ne vous débattez pas, c'est pour votre bien : après cette opération, vous n'aurez plus jamais d'angoisse.
Non, ça ne fait pas mal : on ne vous extrait qu'un kist, une tumeur cancéreuse.
Un grose tumeur de matière grise qui occupe tout votre crâne... Vous comprenez l'urgence, n'est-ce pas ?... Si vous aviez attendu davantage pour vous faire soigner, ça en était fait de vous...
Voilà, ça y est...
Vous êtes guéri, vous êtes libéré : on vous a enlevé votre logique.
Lisez "Principes de logique".
Un long et court voyage
Comme ce tramway qu'on attend avec impatience : son phare, dans le brouillard de décembre, se rapproche si lentement... mais lorsqu'il passe devant nous, c'est à tout à l'allure... Question de perspective.
La vie est un long et court voyage.
Long d'ennui(s), mais au final, si court.
L'heure de la mort arrivera bien avant qu'on s'y soit préparé... (Encore une minute, monsieur le bourreau !)
L'heure de la mort arrivera très vite, trop vite peut-être.
Et pourtant les passagers s'ennuient sur les banquettes, sans comprendre que ce trajet est une chance unique, une opportunité qui à la différence des opportunités commerciales, ne sera réellement suivie par aucune autre.
La vie est un long et court voyage.
Long d'ennui(s), mais au final, si court.
L'heure de la mort arrivera bien avant qu'on s'y soit préparé... (Encore une minute, monsieur le bourreau !)
L'heure de la mort arrivera très vite, trop vite peut-être.
Et pourtant les passagers s'ennuient sur les banquettes, sans comprendre que ce trajet est une chance unique, une opportunité qui à la différence des opportunités commerciales, ne sera réellement suivie par aucune autre.
04 décembre 2006
Complot
Selon un auteur, "même les paranoïaques ont de vrais ennemis".
Et pourtant, il est de nos jours de bon ton de se rire de ceux qui pensent qu'il pourrait y avoir, ou qu'il y aurait effectivement, un complot de méchants. On juge cette croyance si erronée, qu'on y voit le signe d'une pathologie mentale.
Il faudrait être paranoïaque, et complètement déconnecté du réel pour s'imaginer ne serait-ce qu'un seul instant qu'un complot serait possible...
Et, suite à une campagne bien organisée, "complot" lui-même s'est chargé de connotations dérisoires, comme si un "complot" était quelque chose d'aussi fantasmatique que le Dahu ou le Yéti.
Dorénavant, le mot complot suscite le sourire, un sentiment de supériorité amusé. En effet le mot fait penser à ceux qui croient que les complots sont possibles, et ceux qui croient que les complots sont possibles suscitent eux-mêmes un mépris amusé : faut-il être bête pour s'imaginer de telles billevesées...
Pour savoir ce qu'il en est vraiment, revenons au dictionnaire.
Complot : "Dessein secret, concerté entre plusieurs personnes, avec l'intention de nuire à l'autorité d'un personnage public ou d'une institution, éventuellement d'attenter à sa vie ou à sa sûreté."
ou :
"Résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable."
ou :
"Entreprise formée secrètement entre deux ou plusieurs personnes contre la sûreté de l'État ou contre quelqu'un."
En résumé, comploter c'est se mettre à plusieurs pour organiser secrètement une action contre quelque chose ou quelqu'un.
Qu'est-ce qui dans cette définition est illogique, incohérent, absurde et donc... comique ?...
Est-ce le fait de se mettre à plusieurs pour nuire ?...
Mais la notion très officiellement juridique "d'association de malfaiteurs" ne fait rire personne...
Est-ce le fait d'organiser secrètement une action contre quelque chose ou quelqu'un ?...
Peut-être. De nos jours, il parait vraiment invraisemblable et donc ridicule que des gens qui veulent nuire, n'aille pas le raconter dans les journaux. On pense
que les méchants sont tous des imbéciles incapables de se taire, incapables de garder un plan secret pour le faire réussir.
Qui est le plus stupide, dans l'histoire ?...
Et pourtant, il est de nos jours de bon ton de se rire de ceux qui pensent qu'il pourrait y avoir, ou qu'il y aurait effectivement, un complot de méchants. On juge cette croyance si erronée, qu'on y voit le signe d'une pathologie mentale.
Il faudrait être paranoïaque, et complètement déconnecté du réel pour s'imaginer ne serait-ce qu'un seul instant qu'un complot serait possible...
Et, suite à une campagne bien organisée, "complot" lui-même s'est chargé de connotations dérisoires, comme si un "complot" était quelque chose d'aussi fantasmatique que le Dahu ou le Yéti.
Dorénavant, le mot complot suscite le sourire, un sentiment de supériorité amusé. En effet le mot fait penser à ceux qui croient que les complots sont possibles, et ceux qui croient que les complots sont possibles suscitent eux-mêmes un mépris amusé : faut-il être bête pour s'imaginer de telles billevesées...
Pour savoir ce qu'il en est vraiment, revenons au dictionnaire.
Complot : "Dessein secret, concerté entre plusieurs personnes, avec l'intention de nuire à l'autorité d'un personnage public ou d'une institution, éventuellement d'attenter à sa vie ou à sa sûreté."
ou :
"Résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable."
ou :
"Entreprise formée secrètement entre deux ou plusieurs personnes contre la sûreté de l'État ou contre quelqu'un."
En résumé, comploter c'est se mettre à plusieurs pour organiser secrètement une action contre quelque chose ou quelqu'un.
Qu'est-ce qui dans cette définition est illogique, incohérent, absurde et donc... comique ?...
Est-ce le fait de se mettre à plusieurs pour nuire ?...
Mais la notion très officiellement juridique "d'association de malfaiteurs" ne fait rire personne...
Est-ce le fait d'organiser secrètement une action contre quelque chose ou quelqu'un ?...
Peut-être. De nos jours, il parait vraiment invraisemblable et donc ridicule que des gens qui veulent nuire, n'aille pas le raconter dans les journaux. On pense
que les méchants sont tous des imbéciles incapables de se taire, incapables de garder un plan secret pour le faire réussir.
Qui est le plus stupide, dans l'histoire ?...
[désapprobateur] : "Tu vois le mal partout..."
Ce reproche demande à être expliqué. Il ne signifie pas que le mal est localisé seulement dans certains coins bien précis, mais plutôt que les personnes qui le voient là où il est, sont un peu fatiguantes.
En cherchant bien, on trouve effectivement le mal à peu près partout (ce qui explique que le monde actuel soit un tel cauchemar).
Exemple tiré d'un journal gratuit. La photo représente un beau jeune homme vêtu de noir, au visage serein, impassible. Il tient de la main gauche, par le pied, un bébé. Et de l'autre, une épée laser comme dans Star Wars. Impossible d'interpréter l'image autrement qu'ainsi : le beau jeune homme impassible va trancher la tête du poupon.
L'article explique : il s'agit d'une oeuvre d'art, l'artiste s'est pris lui-même en photo... et le bébé n'est qu'une poupée - tiens, oui, c'est vrai : ce n'est qu'une poupée très réaliste. L'artiste ferait ainsi d'une manière "provocante" l'éloge de la société de consommation...
Au delà de l'incohérence du propos (quel rapport entre trucider un bébé et la société de consommation ?... mais peut-être qu'au fond, il y a bien un rapport, malheureusement...), cet article et surtout sa photo font passer un message.
Et oui.
Et ce message, c'est tout simplement celui-ci : tuer un bébé, c'est cool, c'est jeune, c'est branché, c'est provocant, c'est artistique.
"Non... tu exagères... tu vois le mal partout."
D'accord. Donc, il ne s'agit que d'une oeuvre d'art. Du second degré.
(Ah, le second degré... quelle magnifique invention ! un masque lisse, l'une des stratégies de pointe du Mal post-moderne. Par l'excuse en béton du "second degré", l'immonde a droit de cité, et les incitations aux meurtre se font respectables, honorables. Scream, C'est arrivé près de chez vous... Soupoudrez d'humour les messages les plus pervers, les plus violents, les plus vicieux, et vous aurez du "second degré". Rien de plus cool.)
En fait, nous vivons dans le monde de Candy, où tout le monde est très gentil.
Et le mal n'existe pas.
En cherchant bien, on trouve effectivement le mal à peu près partout (ce qui explique que le monde actuel soit un tel cauchemar).
Exemple tiré d'un journal gratuit. La photo représente un beau jeune homme vêtu de noir, au visage serein, impassible. Il tient de la main gauche, par le pied, un bébé. Et de l'autre, une épée laser comme dans Star Wars. Impossible d'interpréter l'image autrement qu'ainsi : le beau jeune homme impassible va trancher la tête du poupon.
L'article explique : il s'agit d'une oeuvre d'art, l'artiste s'est pris lui-même en photo... et le bébé n'est qu'une poupée - tiens, oui, c'est vrai : ce n'est qu'une poupée très réaliste. L'artiste ferait ainsi d'une manière "provocante" l'éloge de la société de consommation...
Au delà de l'incohérence du propos (quel rapport entre trucider un bébé et la société de consommation ?... mais peut-être qu'au fond, il y a bien un rapport, malheureusement...), cet article et surtout sa photo font passer un message.
Et oui.
Et ce message, c'est tout simplement celui-ci : tuer un bébé, c'est cool, c'est jeune, c'est branché, c'est provocant, c'est artistique.
"Non... tu exagères... tu vois le mal partout."
D'accord. Donc, il ne s'agit que d'une oeuvre d'art. Du second degré.
(Ah, le second degré... quelle magnifique invention ! un masque lisse, l'une des stratégies de pointe du Mal post-moderne. Par l'excuse en béton du "second degré", l'immonde a droit de cité, et les incitations aux meurtre se font respectables, honorables. Scream, C'est arrivé près de chez vous... Soupoudrez d'humour les messages les plus pervers, les plus violents, les plus vicieux, et vous aurez du "second degré". Rien de plus cool.)
En fait, nous vivons dans le monde de Candy, où tout le monde est très gentil.
Et le mal n'existe pas.
03 décembre 2006
Les idées, la personnalité
Les tests qui promettent de cerner notre personnalité profonde sont nombreux. Ils oublient de dire que "notre personnalité profonde" change comme un caméléon en fonction des idées qui sont les nôtres.
Lorsqu'on croit CECI, on se met à militer, à s'habiller d'une certaine manière, à parler de telle ou telle façon.
Lorsqu'on se met à croire CELA, on arrête de militer, on rencontre d'autres gens, on fait d'autres activités, on change la couleur de ses cheveux, on parle d'une toute autre manière.
Notre personnalité n'est pas stable. Les idées auxquelles nous croyons la modèle. Et dès qu'on change d'idée, notre personnalité change avec.
Si les féministes sont (souvent) si agressives, ce n'est pas parce qu'une agressivité naturelle les a poussé à devenir féministe, mais inversement parceque les idées féministes ont modelé leur comportement dans un certain sens.
Même chose pour les islamistes radicaux, les anarchistes radicaux...
Les idées travaillent en continu, à la manière de petits maçons invisibles, selon un plan bien précis. Elles déconstruisent et reconstruisent à leur image la personnalité de celui (ou celle) qui les croient.
Les gens s'imaginent qu'ils décident de leur style vestimentaire, de leurs choix ; c'est faux. Ce sont leurs idées qui décident pour eux. Et lorsque les idées sont fausses, les choix sont catastrophiques.
Ceux-là même qui ne croient qu'à ce qu'ils voient, qu'à ce qu'ils touchent, sont les marionnettes de leurs invisibles croyances...
"Je ne crois qu'à ce que je vois" EST un dogme, une idée.
Invisible, comme toutes les idées.
Si l'on pouvait les voir, ces idées omniprésentes, on les verrait peut-être pareilles à des jockeys montés sur le dos des gens, et les dirigeant de la bride et de la cravache.
Lorsqu'on croit CECI, on se met à militer, à s'habiller d'une certaine manière, à parler de telle ou telle façon.
Lorsqu'on se met à croire CELA, on arrête de militer, on rencontre d'autres gens, on fait d'autres activités, on change la couleur de ses cheveux, on parle d'une toute autre manière.
Notre personnalité n'est pas stable. Les idées auxquelles nous croyons la modèle. Et dès qu'on change d'idée, notre personnalité change avec.
Si les féministes sont (souvent) si agressives, ce n'est pas parce qu'une agressivité naturelle les a poussé à devenir féministe, mais inversement parceque les idées féministes ont modelé leur comportement dans un certain sens.
Même chose pour les islamistes radicaux, les anarchistes radicaux...
Les idées travaillent en continu, à la manière de petits maçons invisibles, selon un plan bien précis. Elles déconstruisent et reconstruisent à leur image la personnalité de celui (ou celle) qui les croient.
Les gens s'imaginent qu'ils décident de leur style vestimentaire, de leurs choix ; c'est faux. Ce sont leurs idées qui décident pour eux. Et lorsque les idées sont fausses, les choix sont catastrophiques.
Ceux-là même qui ne croient qu'à ce qu'ils voient, qu'à ce qu'ils touchent, sont les marionnettes de leurs invisibles croyances...
"Je ne crois qu'à ce que je vois" EST un dogme, une idée.
Invisible, comme toutes les idées.
Si l'on pouvait les voir, ces idées omniprésentes, on les verrait peut-être pareilles à des jockeys montés sur le dos des gens, et les dirigeant de la bride et de la cravache.
Surface et souface
On devra toujours choisir entre l'image et la réalité, la surface et la souface.
Les paillettes du spectacle, ou le travail invisible et fécond ?
Gaspiller ses forces en parade, ou les exercer dans un but confidentiel aux silencieux témoins ?
Etre un artiste
pour s'aimer sur un grand écran en couleur,
ou travailler en tant qu'agent secret d'une force véridique et invisible, agissant sans froufrou ni décor à la création d'une nouvelle réalité ?
La polémique bruyante, les insultes et les compliments stériles, encouragements à poursuivre dans une impasse, ou... la guidée juste et secrète, l'énergie concentrée vers un but invisible et certain, lointain ? La réalité est toujours invisible, déterminante. La graine qui pousse dans la terre le fait invisiblement, à l'abri des regards, des critiques. C'est ce silence protecteur-là qui autorise toutes les germinations. Sans lui, le futur meurt aux ricanements d'un public imbécile.
Du visage enfin s'élaborer un masque, pour glisser invisible entre les grands poissons carnivores. Epouser fidèlement la trajectoire aux volutes nécessaires... chemin apparemment tortureux, réellement droit, qu'une lumière sincère a tracé à travers le chaos.
Et pourtant, qu'elle est tentante la solution de facilité ! Satisfaction superficielle à court terme pour échec programmé... Il suffit se de gaspiller en paroles vaines, de remuer les mots pour des oreilles qui n'entendent pas, et disent quand même "bouh!" ou "bravo!" - sans résultat. Faire son petit numéro... récolter quelques fleurs coupées, quelques baffes : au moins il se passe quelque chose.
Temps perdu, définitivement gaspillé.
Les paillettes du spectacle, ou le travail invisible et fécond ?
Gaspiller ses forces en parade, ou les exercer dans un but confidentiel aux silencieux témoins ?
Etre un artiste
pour s'aimer sur un grand écran en couleur,
ou travailler en tant qu'agent secret d'une force véridique et invisible, agissant sans froufrou ni décor à la création d'une nouvelle réalité ?
La polémique bruyante, les insultes et les compliments stériles, encouragements à poursuivre dans une impasse, ou... la guidée juste et secrète, l'énergie concentrée vers un but invisible et certain, lointain ? La réalité est toujours invisible, déterminante. La graine qui pousse dans la terre le fait invisiblement, à l'abri des regards, des critiques. C'est ce silence protecteur-là qui autorise toutes les germinations. Sans lui, le futur meurt aux ricanements d'un public imbécile.
Du visage enfin s'élaborer un masque, pour glisser invisible entre les grands poissons carnivores. Epouser fidèlement la trajectoire aux volutes nécessaires... chemin apparemment tortureux, réellement droit, qu'une lumière sincère a tracé à travers le chaos.
Et pourtant, qu'elle est tentante la solution de facilité ! Satisfaction superficielle à court terme pour échec programmé... Il suffit se de gaspiller en paroles vaines, de remuer les mots pour des oreilles qui n'entendent pas, et disent quand même "bouh!" ou "bravo!" - sans résultat. Faire son petit numéro... récolter quelques fleurs coupées, quelques baffes : au moins il se passe quelque chose.
Temps perdu, définitivement gaspillé.
01 décembre 2006
A la recherche de l'amour
L'intuition (ou la croyance) est celle-ci : que lorsque nous serons avec une personne que nous aimons et qui nous aime, l'univers, notre univers, trouvera enfin son équilibre. Chaque chose comme chacun trouvera enfin sa juste place, et même si cet instant ne dure qu'une minute, qu'une seconde, cela vaut la peine de vivre pour lui.
Vrai et faux...
L'amour est bien cette rose qui embaume tout autour d'elle, mais...
Mais si l'on a pas un petit bout de jardin, du terreau, de l'eau, des instruments de jardinier... ou si on ne connait pas quelqu'un qui est déjà jardinier... son parfum suave sera éphémère. Obnubilé par l'amour, on le cherche sans chercher ce qui le rend possible. Pareil à un assoiffé qui erre dans le désert.
Avant de chercher la rose, chercher le terreau où poussent toutes les fleurs (rose, jasmin, etc.)
L'amour, comme n'importe quelle plante belle ou utile, ne pousse que dans un environnement favorable. La question : qu'est-ce qu'un environnement favorable à l'amour ?...
Pour le savoir, il faut comprendre ce qu'est un environnement défavorable.
Un environnement défavorable, c'est le mensonge, l'approximation, la duperie, l'amitié-amoureuse, les promesses d'amitié éternelle lorsqu'elles sont sans garanties, les déséquilibres, les relations de drogués à trafiquants (la drogue étant l'amour), l'angoisse, l'instabilité affective, le doute, la confusion des valeurs, la haine de soi, etc.
Ce qui poussera dans ce terreau là comme sentiment ne sera ni durable, ni même sain. Belles fleurs artificielles ou empoisonnées issues d'un environnement pollué.
Pour atteindre la cible-amour, il faut viser plus loin que cette cible : viser la connaissance, la vérité, la sérénité, la paix... (liste non-exhaustive).
Car l'amour ne prend place et sens que dans une existence nettoyée, ou qui se nettoie.
Ceux qui cherchent l'amour seul, sont comme ces aveugles qui cherchaient partout une oreille d'éléphant, sans savoir qu'ils n'en trouveraient que sur le côté de la tête d'un éléphant.
L'amour réel, l'amour solide et sincère, on ne le trouvera qu'au côté de quelque chose de plus important encore, de plus réel encore, de plus solide et sincère encore.
Vrai et faux...
L'amour est bien cette rose qui embaume tout autour d'elle, mais...
Mais si l'on a pas un petit bout de jardin, du terreau, de l'eau, des instruments de jardinier... ou si on ne connait pas quelqu'un qui est déjà jardinier... son parfum suave sera éphémère. Obnubilé par l'amour, on le cherche sans chercher ce qui le rend possible. Pareil à un assoiffé qui erre dans le désert.
Avant de chercher la rose, chercher le terreau où poussent toutes les fleurs (rose, jasmin, etc.)
L'amour, comme n'importe quelle plante belle ou utile, ne pousse que dans un environnement favorable. La question : qu'est-ce qu'un environnement favorable à l'amour ?...
Pour le savoir, il faut comprendre ce qu'est un environnement défavorable.
Un environnement défavorable, c'est le mensonge, l'approximation, la duperie, l'amitié-amoureuse, les promesses d'amitié éternelle lorsqu'elles sont sans garanties, les déséquilibres, les relations de drogués à trafiquants (la drogue étant l'amour), l'angoisse, l'instabilité affective, le doute, la confusion des valeurs, la haine de soi, etc.
Ce qui poussera dans ce terreau là comme sentiment ne sera ni durable, ni même sain. Belles fleurs artificielles ou empoisonnées issues d'un environnement pollué.
Pour atteindre la cible-amour, il faut viser plus loin que cette cible : viser la connaissance, la vérité, la sérénité, la paix... (liste non-exhaustive).
Car l'amour ne prend place et sens que dans une existence nettoyée, ou qui se nettoie.
Ceux qui cherchent l'amour seul, sont comme ces aveugles qui cherchaient partout une oreille d'éléphant, sans savoir qu'ils n'en trouveraient que sur le côté de la tête d'un éléphant.
L'amour réel, l'amour solide et sincère, on ne le trouvera qu'au côté de quelque chose de plus important encore, de plus réel encore, de plus solide et sincère encore.
25 novembre 2006
Légitime défense et vengeance
Dans la bouillie mentale qui est aujourd'hui de rigueur (ou plutôt d'approximation), une confusion pas du tout anodine, lourde d'implication, s'est installée entre la "légitime défense" d'un côté, et la "vengeance" de l'autre.
Rappelons leurs définitions de base, celles qui seront peut-être oubliée demain, et qui sont en cours d'effacement aujourd'hui.
La légitime défense, c'est lorsqu'on se défend contre un agresseur qui nous attaque injustement. Par exemple, un violeur en maraude, un racketteur, un cambrioleur. Au départ - enfin, c'était ainsi qu'on a vu les choses pendant un bon nombre de siècles -, la légitime défense était légitime... comme son nom l'indique.
La vengeance par contre, c'est lorsqu'après une agression, un crime... on décide de s'en prendre à l'agresseur et de se faire justice soi-même. La vengeance a presque toujours était considérée comme illégitime, dans la mesure où elle substitue sa propre justice personnelle, anarchique et incontrôlée à la justice du pays.
Que se passe-t-il quand on mélange la légitime défense et la vengeance, comme c'est le cas aujourd'hui ?... On obtient une chose hybride et informe, vaguement répugnante, que l'on baptise au mépris de tout dictionnaire "la légitime défense de se faire justice soi-même".
Beurk.
Cette... chose... est bien évident dénoncée et pointée du doigt, puisqu'elle englobe la vengeance.
Et c'est ainsi qu'on en arrive à trouver criminel de se défendre, de protéger sa vie, sa femme ou ses biens contre les prédateurs sans scrupules qui veulent se les accaparer.
"Comment ?! Vous avez égratigné le visage de votre agresseur alors qu'il tentait de vous étrangler ?! Vous lui avait mis un coquard ? Vous avez même sauvé votre peau au dépend de la sienne ? Vous ne pouviez pas faire attention, non ?! C'est de la légitime-défense-de-se-faire-justice-soi-même, ça ! Allez, en prison, l'honnête homme ! Et la prochaine fois qu'un voyou veut vous tuer, vous saurez quoi faire : rien !"
Rappelons leurs définitions de base, celles qui seront peut-être oubliée demain, et qui sont en cours d'effacement aujourd'hui.
La légitime défense, c'est lorsqu'on se défend contre un agresseur qui nous attaque injustement. Par exemple, un violeur en maraude, un racketteur, un cambrioleur. Au départ - enfin, c'était ainsi qu'on a vu les choses pendant un bon nombre de siècles -, la légitime défense était légitime... comme son nom l'indique.
La vengeance par contre, c'est lorsqu'après une agression, un crime... on décide de s'en prendre à l'agresseur et de se faire justice soi-même. La vengeance a presque toujours était considérée comme illégitime, dans la mesure où elle substitue sa propre justice personnelle, anarchique et incontrôlée à la justice du pays.
Que se passe-t-il quand on mélange la légitime défense et la vengeance, comme c'est le cas aujourd'hui ?... On obtient une chose hybride et informe, vaguement répugnante, que l'on baptise au mépris de tout dictionnaire "la légitime défense de se faire justice soi-même".
Beurk.
Cette... chose... est bien évident dénoncée et pointée du doigt, puisqu'elle englobe la vengeance.
Et c'est ainsi qu'on en arrive à trouver criminel de se défendre, de protéger sa vie, sa femme ou ses biens contre les prédateurs sans scrupules qui veulent se les accaparer.
"Comment ?! Vous avez égratigné le visage de votre agresseur alors qu'il tentait de vous étrangler ?! Vous lui avait mis un coquard ? Vous avez même sauvé votre peau au dépend de la sienne ? Vous ne pouviez pas faire attention, non ?! C'est de la légitime-défense-de-se-faire-justice-soi-même, ça ! Allez, en prison, l'honnête homme ! Et la prochaine fois qu'un voyou veut vous tuer, vous saurez quoi faire : rien !"
L'élève et l'esclave, le prof et Néron
Dans nos esprits embrûmés par les spécialistes du brouillard (ceux qui savent brouiller les cartes pour tirer leur épingle du jeu, embobiner pour mieux se défiler, se faufiler), on a touillé une mélasse.
Du tyran à abattre, figure haïssable du despotisme sanguinaire et sauvage, on a pris les principales caractéristiques pour les appliquer au pauvre prof qui n'en peut mais, et qui essaie tant bien que mal, malgré tout, d'enseigner encore quelque chose à ses élèves rebelles, nouveaux Spartacus.
Tout maître est un tyran... Tout enseignant, un esclavagiste... Tout prof assoit son autorité par le glaive : voilà ce qu'on nous a doucement, lentement, progressivement appris à croire. De l'autorité légitime, celle qui se fonde sur le savoir, celle qui ne tend qu'à éclairer, éveiller, enseigner et transmettre, il ne reste plus que des ruines.
Et de l'élève, que reste-t-il ?
Rien non plus.
On l'a changé en esclave, en martyr, en victime - Cosette d'un Tenardier sadique qui veut à toute force le garder assis sur une chaise pendant une heure d'affilée. Cruauté gratuite, injustifiable.
Et lorsqu'on ne respecte plus celui qui sait, lorsqu'on ne veut même plus l'écouter, ni le suivre... que devient le savoir ?
Rien. Ou plutôt : il redevient l'ignorance.
Retour aux origines, donc. Quand la force était le droit, et qu'une tête bien vide valait mieux qu'une tête bien pleine (quant à "bien faite", on a oublié depuis longtemps ce que ça veut dire.)
Du tyran à abattre, figure haïssable du despotisme sanguinaire et sauvage, on a pris les principales caractéristiques pour les appliquer au pauvre prof qui n'en peut mais, et qui essaie tant bien que mal, malgré tout, d'enseigner encore quelque chose à ses élèves rebelles, nouveaux Spartacus.
Tout maître est un tyran... Tout enseignant, un esclavagiste... Tout prof assoit son autorité par le glaive : voilà ce qu'on nous a doucement, lentement, progressivement appris à croire. De l'autorité légitime, celle qui se fonde sur le savoir, celle qui ne tend qu'à éclairer, éveiller, enseigner et transmettre, il ne reste plus que des ruines.
Et de l'élève, que reste-t-il ?
Rien non plus.
On l'a changé en esclave, en martyr, en victime - Cosette d'un Tenardier sadique qui veut à toute force le garder assis sur une chaise pendant une heure d'affilée. Cruauté gratuite, injustifiable.
Et lorsqu'on ne respecte plus celui qui sait, lorsqu'on ne veut même plus l'écouter, ni le suivre... que devient le savoir ?
Rien. Ou plutôt : il redevient l'ignorance.
Retour aux origines, donc. Quand la force était le droit, et qu'une tête bien vide valait mieux qu'une tête bien pleine (quant à "bien faite", on a oublié depuis longtemps ce que ça veut dire.)
23 novembre 2006
Le silence
Sortir de la cohue, se recentrer sur soi. Et ses pensées.
Le brouhaha externe entraine loin... trop loin.
C'est ici, dans l'intimité de soi, que se retrouve la sécurité et la paix. La bataille est terminée, au moins pour un temps. Pause.
Silence.
Que s'est-il passé ?... Encore un jour qui fuit comme une baignoire. Le temps s'écoule en un goutte à goutte rapide, irrépressible. Nous finirons tous ruinés, nous finirons tous au fond d'une tombe. Sans autre compagnon que...
que soi, tel qu'on a vécu.
Et cette chair active, ou fatiguée, ou les deux, reposera dans sa décomposition inexorable. Les vers mangeront d'abord les yeux.
Je voudrais tellement... Je veux tellement... Volontés et désirs s'empoussièreront sur des étagères oubliées, comme de très vieilles photocopies d'un cours oublié, inutiles.
Que restera-t-il de ces essentiels inessentiels, fugaces, lorsque l'ange viendra ?...
Que restera-t-il de ce qu'on avait pris pour le plus important, quand la loupe déformante nous sera ôtée de l'oeil ?...
Et que le silence reprendra ses droits ?
Il n'a jamais cessé, le silence, comme le bruissement sourd de l'océan derrière les rires et les cris des vacanciers insouciants. La nuit le libère, la nuit déblaie ce qui encombrait son passage. La vérité aura son heure, car elle l'a toujours eu, en secret, sous le bruit.
Et que regretterons-nous, à cette heure ?...
Le brouhaha externe entraine loin... trop loin.
C'est ici, dans l'intimité de soi, que se retrouve la sécurité et la paix. La bataille est terminée, au moins pour un temps. Pause.
Silence.
Que s'est-il passé ?... Encore un jour qui fuit comme une baignoire. Le temps s'écoule en un goutte à goutte rapide, irrépressible. Nous finirons tous ruinés, nous finirons tous au fond d'une tombe. Sans autre compagnon que...
que soi, tel qu'on a vécu.
Et cette chair active, ou fatiguée, ou les deux, reposera dans sa décomposition inexorable. Les vers mangeront d'abord les yeux.
Je voudrais tellement... Je veux tellement... Volontés et désirs s'empoussièreront sur des étagères oubliées, comme de très vieilles photocopies d'un cours oublié, inutiles.
Que restera-t-il de ces essentiels inessentiels, fugaces, lorsque l'ange viendra ?...
Que restera-t-il de ce qu'on avait pris pour le plus important, quand la loupe déformante nous sera ôtée de l'oeil ?...
Et que le silence reprendra ses droits ?
Il n'a jamais cessé, le silence, comme le bruissement sourd de l'océan derrière les rires et les cris des vacanciers insouciants. La nuit le libère, la nuit déblaie ce qui encombrait son passage. La vérité aura son heure, car elle l'a toujours eu, en secret, sous le bruit.
Et que regretterons-nous, à cette heure ?...
19 novembre 2006
Obscurantisme
Nous vivons une époque obscurantiste.
Obscurantiste : le savoir n'est plus divulgué ; on décourage ceux qui l'ont (les professeurs par exemple) de le donner à ceux qui ne l'ont pas.
Obscurantiste : l'autorité légitime que devrait conférer la connaissance approfondie d'un domaine est niée ; tout pouvoir fondé sur le savoir est vécu comme un abus, une tyrannie inadmissible.
Obscurantiste : les médias n'accordent strictement aucune valeur à la connaissance. Etre jeune, riche, mince et beau/belle, voilà l'important. Le reste on s'en fout.
Obscurantiste : les véritables intellectuels sont ignorés et les pseudo-intellectuels, ânes tapageurs et lèche-bottes à la solde d'un parti ou d'une idéologie dominante, sont célébrés.
Le problème vient peut-être - entre autre - que la "démocratie" ou "les droits de l'homme" ont changé de définition.
"Tous les hommes naissent libres et égaux en droit" signifiait au départ que tous les hommes naissaient égaux en droit, mais pas égaux en capacités ; maintenant cela signifie qu'ils naissent et demeurent égaux en capacité intellectuelle, culture et savoir.
Ce qui fait que l'opinion irréfléchie de quelqu'un qui n'a jamais étudié la question, est considérée comme ayant une valeur égale à celle de quelqu'un qui s'est renseigné sur la question, ou même à celle d'un spécialiste de la question.
Certes, lorsqu'il s'agit de foot, on sait encore que tous les homme ne sont pas égaux de fait, même s'ils sont égaux de droit : il y en a qui jouent bien, d'autres très bien, d'autres qui jouent très mal, d'autres qui ne jouent pas du tout et qui s'en foutent.
Mais dès qu'il s'agit de réflexion, de discernement, de logique ou de raisonnement... Zidane ne vaut pas plus que ma grand-mère ; les surdoués ne valent pas plus que les sousdoués ; ni la lecture, ni la recherche, ni la réflexion ne font la moindre différence.
Dans notre monde post-moderne, personne n'est plus renseigné, plus réfléchi, plus intelligent que personne ; celui qui oserait prétendre qu'il y a une différence de profondeur entre les idées de Montaigne ou de Proust d'un côté, et celles de n'importe quel élève particulièrement nul de 4ème de l'autre, serait un méchant élitiste rétrograde, hostile à la démocratie.
Car la "démocratie", ce n'est plus le gouvernement du peuple par le peuple, c'est l'égalité des zéros.
Le raisonnement (plus ou moins explicite) est le suivant : si plus personne ne sait rien, le savoir aura perdu tout intérêt. Donc il suffit de se donner pour objectif que plus personne ne sache rien, en commençant par les élèves, et bientôt, ce sera tout à fait normal de ne pas savoir lire...
Ce qui suppose que la connaissance - même celle complètement basique qui consiste à lire et écrire correctement - n'est qu'un vestige archaïque, prétentieux et inutile de l'Ancien Régime... un peu comme la particule "de".
Et la vérité qui se cache derrière tout ça, c'est que des crétins complètement abrutis (intelligents à la base, mais tellement incultes, voire illettrés, qu'ils sont devenus bêtes avec le temps) sont infiniment plus manipulables que des êtres conscients et intelligents.
Quand on tient la télécommande, quand on veut s'en servir, on s'efforce d'ôter les fonctions "langage articulé et logique", "réflexion" et "causalité" des cerveaux des êtres humains : un robot n'en serait plus un, s'il parvenait à penser.
Obscurantiste : le savoir n'est plus divulgué ; on décourage ceux qui l'ont (les professeurs par exemple) de le donner à ceux qui ne l'ont pas.
Obscurantiste : l'autorité légitime que devrait conférer la connaissance approfondie d'un domaine est niée ; tout pouvoir fondé sur le savoir est vécu comme un abus, une tyrannie inadmissible.
Obscurantiste : les médias n'accordent strictement aucune valeur à la connaissance. Etre jeune, riche, mince et beau/belle, voilà l'important. Le reste on s'en fout.
Obscurantiste : les véritables intellectuels sont ignorés et les pseudo-intellectuels, ânes tapageurs et lèche-bottes à la solde d'un parti ou d'une idéologie dominante, sont célébrés.
Le problème vient peut-être - entre autre - que la "démocratie" ou "les droits de l'homme" ont changé de définition.
"Tous les hommes naissent libres et égaux en droit" signifiait au départ que tous les hommes naissaient égaux en droit, mais pas égaux en capacités ; maintenant cela signifie qu'ils naissent et demeurent égaux en capacité intellectuelle, culture et savoir.
Ce qui fait que l'opinion irréfléchie de quelqu'un qui n'a jamais étudié la question, est considérée comme ayant une valeur égale à celle de quelqu'un qui s'est renseigné sur la question, ou même à celle d'un spécialiste de la question.
Certes, lorsqu'il s'agit de foot, on sait encore que tous les homme ne sont pas égaux de fait, même s'ils sont égaux de droit : il y en a qui jouent bien, d'autres très bien, d'autres qui jouent très mal, d'autres qui ne jouent pas du tout et qui s'en foutent.
Mais dès qu'il s'agit de réflexion, de discernement, de logique ou de raisonnement... Zidane ne vaut pas plus que ma grand-mère ; les surdoués ne valent pas plus que les sousdoués ; ni la lecture, ni la recherche, ni la réflexion ne font la moindre différence.
Dans notre monde post-moderne, personne n'est plus renseigné, plus réfléchi, plus intelligent que personne ; celui qui oserait prétendre qu'il y a une différence de profondeur entre les idées de Montaigne ou de Proust d'un côté, et celles de n'importe quel élève particulièrement nul de 4ème de l'autre, serait un méchant élitiste rétrograde, hostile à la démocratie.
Car la "démocratie", ce n'est plus le gouvernement du peuple par le peuple, c'est l'égalité des zéros.
Le raisonnement (plus ou moins explicite) est le suivant : si plus personne ne sait rien, le savoir aura perdu tout intérêt. Donc il suffit de se donner pour objectif que plus personne ne sache rien, en commençant par les élèves, et bientôt, ce sera tout à fait normal de ne pas savoir lire...
Ce qui suppose que la connaissance - même celle complètement basique qui consiste à lire et écrire correctement - n'est qu'un vestige archaïque, prétentieux et inutile de l'Ancien Régime... un peu comme la particule "de".
Et la vérité qui se cache derrière tout ça, c'est que des crétins complètement abrutis (intelligents à la base, mais tellement incultes, voire illettrés, qu'ils sont devenus bêtes avec le temps) sont infiniment plus manipulables que des êtres conscients et intelligents.
Quand on tient la télécommande, quand on veut s'en servir, on s'efforce d'ôter les fonctions "langage articulé et logique", "réflexion" et "causalité" des cerveaux des êtres humains : un robot n'en serait plus un, s'il parvenait à penser.
18 novembre 2006
Lavée
Perdue dans l'entrelacs des lignes
entre le sel et le poivre
le pain et le boursin
Perdue dans l'entrelacs des routes
entre l'A30 et la D24
le chemin qui égare
et celui qui égare
Perdue dans la ville folle
Perdue dans le mal être qui s'ignore, la folie qui s'obstine
Perdue...
Je disais : l'océan lavera les croutes de la ville
Et moi je serai
ailleurs
Comme si j'y pouvais quelque chose...
Je disais : je vais grandir de quelques centimètres
Comme si c'était en mon pouvoir...
Je disais patati, je disais patata
ivre de mots, de rêves, de folie pas vraiment douce
Humiliée jusqu'au bout des ongles
projettée dans une autre dimension
(tu n'es pas drôle tu es ridicule
c'est différent
disait-elle en me pressant comme un citron)
Je disais J'ai plongé par delà l'obscurité, là où se joignent le feu et les larmes,
Je disais J'ai nettoyé ma vieille coquille toute pourrave,
Je disais J'ai gravi la plus haute des montagnes,
Je disais patin et coufin,
Avec l'optimisme opiniâtre de celle qui ne sait rien et prétend tout savoir.
H eureusement pour moi j'ai renoncé à -
et à -
et j'ai choisi de -
et j'ai accepté de -
et la porte de sortie s'est ouverte sur la beauté du monde
la douceur du monde
la vérité du monde
une source qui murmure une parole pure
L'océan n'a pas lavé les croutes de la ville, finalement -
il a lavé les miennes.
Merci...
entre le sel et le poivre
le pain et le boursin
Perdue dans l'entrelacs des routes
entre l'A30 et la D24
le chemin qui égare
et celui qui égare
Perdue dans la ville folle
Perdue dans le mal être qui s'ignore, la folie qui s'obstine
Perdue...
Je disais : l'océan lavera les croutes de la ville
Et moi je serai
ailleurs
Comme si j'y pouvais quelque chose...
Je disais : je vais grandir de quelques centimètres
Comme si c'était en mon pouvoir...
Je disais patati, je disais patata
ivre de mots, de rêves, de folie pas vraiment douce
Humiliée jusqu'au bout des ongles
projettée dans une autre dimension
(tu n'es pas drôle tu es ridicule
c'est différent
disait-elle en me pressant comme un citron)
Je disais J'ai plongé par delà l'obscurité, là où se joignent le feu et les larmes,
Je disais J'ai nettoyé ma vieille coquille toute pourrave,
Je disais J'ai gravi la plus haute des montagnes,
Je disais patin et coufin,
Avec l'optimisme opiniâtre de celle qui ne sait rien et prétend tout savoir.
H eureusement pour moi j'ai renoncé à -
et à -
et j'ai choisi de -
et j'ai accepté de -
et la porte de sortie s'est ouverte sur la beauté du monde
la douceur du monde
la vérité du monde
une source qui murmure une parole pure
L'océan n'a pas lavé les croutes de la ville, finalement -
il a lavé les miennes.
Merci...
Les polémiques stériles
Il est parfois bien difficile de résister à la tentation d'entrer dans une polémique stérile...
C'est une drogue comme une autre, la-polémique-stérile. Un excitant à laquelle on devient très vite dépendant.
D'une première piqure d'amour-propre, on se retrouve très vite entraîné à... on veut répondre, on veut piquer à son tour, on veut prouver par A+B que l'autre a tort... et de fil en aiguille, on se retrouve à...
perdre son temps.
Car l'autre en face est persuadé comme nous de connaitre la vérité, et pour rien au monde il ne voudrait être convaincu par nos arguments. Il ne le sera pas, car personne ne peut forcer quelqu'un à croire (ou plutôt, si, mais par des méthodes toutes différentes).
Ce qui fait qu'une discussion n'est pas une discussion, mais de la-polémique-stérile, c'est bien souvent qu'il n'y a pas le moindre début d'accord entre les deux interlocuteurs.
Chacun parle de son monde, et des millions d'années-lumières séparent ces mondes.
On aborde le sujet numéro 28876656, alors que même sur des sujets infiniment plus basiques, plus essentiels (les sujets 2, 6 ou 3), on est déjà en désaccord. On se déchire et s'insulte parce qu'on n'est pas d'accord sur l'emplacement de la girouette, alors qu'il ne faudrait parler que de l'emplacement de la maison, qui est encore à construire.
C'est une drogue comme une autre, la-polémique-stérile. Un excitant à laquelle on devient très vite dépendant.
D'une première piqure d'amour-propre, on se retrouve très vite entraîné à... on veut répondre, on veut piquer à son tour, on veut prouver par A+B que l'autre a tort... et de fil en aiguille, on se retrouve à...
perdre son temps.
Car l'autre en face est persuadé comme nous de connaitre la vérité, et pour rien au monde il ne voudrait être convaincu par nos arguments. Il ne le sera pas, car personne ne peut forcer quelqu'un à croire (ou plutôt, si, mais par des méthodes toutes différentes).
Ce qui fait qu'une discussion n'est pas une discussion, mais de la-polémique-stérile, c'est bien souvent qu'il n'y a pas le moindre début d'accord entre les deux interlocuteurs.
Chacun parle de son monde, et des millions d'années-lumières séparent ces mondes.
On aborde le sujet numéro 28876656, alors que même sur des sujets infiniment plus basiques, plus essentiels (les sujets 2, 6 ou 3), on est déjà en désaccord. On se déchire et s'insulte parce qu'on n'est pas d'accord sur l'emplacement de la girouette, alors qu'il ne faudrait parler que de l'emplacement de la maison, qui est encore à construire.
Eloge de l'esprit chercheur
Que ce soit à propos de la théorie de l'évolution, du sionisme ou de n'importe quel autre sujet, il y aura toujours deux groupes bien distincts :
Ceux qui cherchent, qui jugent sur pièce, qui se renseignent pour se faire une idée personnelle, qui ne veulent pas suivre l'opinion majoritaire comme des moutons de Panurge, qui veulent vérifier par eux-mêmes ce qu'il en est...
Ett ceux qui par paresse, passivité, bêtise, traditionnalisme, rigidité psycho-fonctionnelle, peur de perdre leurs chères idées reçues... ne cherchent pas. Bêêêêêêê....
C'est à chacun de connaître son camp.
24 septembre 2006
C'est quoi, le bonheur ?
Chacun s'en fait sa définition personnelle, salade composée d'argent, d'amour, de plaisirs variés...
La part du rêve est à séparer de la part de bonheur possible sur cette terre. Car il n'est pas difficile d'imaginer le "vrai" bonheur, et il n'est pas de ce monde : pas de vieillesse, pas de mort, pas de souffrance, que de l'amour et de l'amitié, que de la jeunesse et de la beauté, le moindre voeu qui se réalise instantanément...
Mais en ce monde, le bonheur ne resssemble bien sûr pas à ça. Le bonheur terrestre ne pourra jamais être pure jouissance, et quand on l'imagine ainsi on est déçu - tôt ou tard. Il faut le définir avec de tout autres critères pour qu'il ait une chance de se réaliser : se fixer un objectif réaliste est la première condition à remplir pour l'atteindre.
Les philosophes stoïciens plaçaient le bonheur dans une sereine indifférence à tous les malheurs. Sans aller jusque là, on peut dire que le bonheur est un certain état d'esprit que les aléas de la vie parviennent à égratigner, mais pas à entamer. Car le bonheur fragile qui est seulement le fruit de circonstances extérieures, n'est pas le bonheur - juste un bien-être précaire que la moindre contrariété démolit.
Autrement dit, il ne suffit pas d'être dans la situation enviable de quelqu'un pour qui "tout va bien", pour connaître le bonheur.
Le bonheur serait donc plutôt de l'ordre du sentiment intérieur, de la force intérieure. On pourrait le rapprocher de la confiance en soi : avoir confiance en soi, c'est se savoir capable. Le bonheur est quelque chose de l'ordre de la confiance et de la capacité.
Mais le bonheur est aussi de l'ordre de la perspective ascendante. Car un homme, même très riche, ne sera pas heureux s'il est chaque jour un peu plus pauvre - alors qu'un homme, même très pauvre, sera très heureux d'être chaque jour un peu plus riche. Grimper vers un but désirable, est l'une des facettes du bonheur sur cette terre.
Le bonheur est aussi de l'ordre de l'ordre. Car si tout est en ordre, si les choses et soi-même sont à leur place, on en tire une sensation de confort très apaisante. On parle parfois de "joyeux désordre" mais dans la réalité, le désordre n'est pas joyeux, mais sinistre. Une tête bien faite (bien rangée), un appartement clair, propre et ordonné : ce sont là d'autres facettes du bonheur.
Enfin, le bonheur est de l'ordre de la relation. Car lorsqu'on tisse des relations authentiques, sincères et chaleureuses avec les autres - du moins avec certains autres - on s'inscrit dans un réseau relationnel qui est d'une certaine manière, l'élément naturel le plus approprié à l'être humain.
La part du rêve est à séparer de la part de bonheur possible sur cette terre. Car il n'est pas difficile d'imaginer le "vrai" bonheur, et il n'est pas de ce monde : pas de vieillesse, pas de mort, pas de souffrance, que de l'amour et de l'amitié, que de la jeunesse et de la beauté, le moindre voeu qui se réalise instantanément...
Mais en ce monde, le bonheur ne resssemble bien sûr pas à ça. Le bonheur terrestre ne pourra jamais être pure jouissance, et quand on l'imagine ainsi on est déçu - tôt ou tard. Il faut le définir avec de tout autres critères pour qu'il ait une chance de se réaliser : se fixer un objectif réaliste est la première condition à remplir pour l'atteindre.
Les philosophes stoïciens plaçaient le bonheur dans une sereine indifférence à tous les malheurs. Sans aller jusque là, on peut dire que le bonheur est un certain état d'esprit que les aléas de la vie parviennent à égratigner, mais pas à entamer. Car le bonheur fragile qui est seulement le fruit de circonstances extérieures, n'est pas le bonheur - juste un bien-être précaire que la moindre contrariété démolit.
Autrement dit, il ne suffit pas d'être dans la situation enviable de quelqu'un pour qui "tout va bien", pour connaître le bonheur.
Le bonheur serait donc plutôt de l'ordre du sentiment intérieur, de la force intérieure. On pourrait le rapprocher de la confiance en soi : avoir confiance en soi, c'est se savoir capable. Le bonheur est quelque chose de l'ordre de la confiance et de la capacité.
Mais le bonheur est aussi de l'ordre de la perspective ascendante. Car un homme, même très riche, ne sera pas heureux s'il est chaque jour un peu plus pauvre - alors qu'un homme, même très pauvre, sera très heureux d'être chaque jour un peu plus riche. Grimper vers un but désirable, est l'une des facettes du bonheur sur cette terre.
Le bonheur est aussi de l'ordre de l'ordre. Car si tout est en ordre, si les choses et soi-même sont à leur place, on en tire une sensation de confort très apaisante. On parle parfois de "joyeux désordre" mais dans la réalité, le désordre n'est pas joyeux, mais sinistre. Une tête bien faite (bien rangée), un appartement clair, propre et ordonné : ce sont là d'autres facettes du bonheur.
Enfin, le bonheur est de l'ordre de la relation. Car lorsqu'on tisse des relations authentiques, sincères et chaleureuses avec les autres - du moins avec certains autres - on s'inscrit dans un réseau relationnel qui est d'une certaine manière, l'élément naturel le plus approprié à l'être humain.
22 septembre 2006
Est-ce que les illusions aident à vivre ?
On s'imagine souvent que les illusions sont des choses douces et dorées qui aident à supporter la vie (c'est par exemple ce qui émane d'un film comme "La vie est belle", où les mensonges du père aide le petit à traverser la guerre comme si c'était un jeu...) Selon cette idée très répandue, les illusions aideraient à vivre.
Mais c'est quoi, une illusion, au fait ?... Une illusion, c'est un mensonge auquel on croit.
Est-ce que - dans la vie quotidienne - les mensonges auxquels on croit rendent la vie plus facile, plus agréable ?... Par exemple, lorsqu'on se fait des illusions sur les horaires de la poste, est-ce que ça nous rend la vie plus confortable ?... ou lorsqu'on se fait des illusions sur le prix de l'essence ?... ou des illusions sur l'amour ? est-ce que toutes ces illusions facilitent la vie, la rendent plus agréable ? C'est exactement l'inverse.
Si on se fait des illusions sur les horaires de la poste, on s'y casse le nez et c'est rageant. Si on se fait des illusions sur le prix de l'essence, on est traumatisé par le coût du plein. Si on se fait des illusions sur l'amour, on est horriblement déçu. ça ne rend pas la vie plus simple, ça la rend plus épineuse, plus douloureuse. Une illusion n'a jamais aidé personne à obtenir ce qu'il désire - pas plus qu'une carte erronée ne permet à quelqu'un d'arriver où il veut.
Ssi je me fais des illusions sur mon frigo en le confondant avec un micro-onde, je n'arriverai jamais à m'en servir correctement. D'où, déception, stress, angoisse, déprime...
C'est la vérité qui permet d'agir dans le réel d'une manière appropriée. C'est elle aussi qui permet d'y voir clair, ce qui est une des grandes joies de l'existence. Lorsqu'on est déprimé on a les idées confuses, et l'inverse est aussi vrai : lorsqu'on a les idées confuses on déprime. Les illusions sont des images virtuelles qui viennent brouiller le paysage. L'entrelacement de lignes qui en résulte rend tout confus et incompréhensible... Et ne rien comprendre n'a jamais rendu heureux personne.
Alors, est-ce que les illusions aident à vivre ?...
Mais c'est quoi, une illusion, au fait ?... Une illusion, c'est un mensonge auquel on croit.
Est-ce que - dans la vie quotidienne - les mensonges auxquels on croit rendent la vie plus facile, plus agréable ?... Par exemple, lorsqu'on se fait des illusions sur les horaires de la poste, est-ce que ça nous rend la vie plus confortable ?... ou lorsqu'on se fait des illusions sur le prix de l'essence ?... ou des illusions sur l'amour ? est-ce que toutes ces illusions facilitent la vie, la rendent plus agréable ? C'est exactement l'inverse.
Si on se fait des illusions sur les horaires de la poste, on s'y casse le nez et c'est rageant. Si on se fait des illusions sur le prix de l'essence, on est traumatisé par le coût du plein. Si on se fait des illusions sur l'amour, on est horriblement déçu. ça ne rend pas la vie plus simple, ça la rend plus épineuse, plus douloureuse. Une illusion n'a jamais aidé personne à obtenir ce qu'il désire - pas plus qu'une carte erronée ne permet à quelqu'un d'arriver où il veut.
Ssi je me fais des illusions sur mon frigo en le confondant avec un micro-onde, je n'arriverai jamais à m'en servir correctement. D'où, déception, stress, angoisse, déprime...
C'est la vérité qui permet d'agir dans le réel d'une manière appropriée. C'est elle aussi qui permet d'y voir clair, ce qui est une des grandes joies de l'existence. Lorsqu'on est déprimé on a les idées confuses, et l'inverse est aussi vrai : lorsqu'on a les idées confuses on déprime. Les illusions sont des images virtuelles qui viennent brouiller le paysage. L'entrelacement de lignes qui en résulte rend tout confus et incompréhensible... Et ne rien comprendre n'a jamais rendu heureux personne.
Alors, est-ce que les illusions aident à vivre ?...
12 septembre 2006
Le chien de Pavlov et nous
A la fin du dix-neuvième siècle, le grand scientifique russe Pavlov a démontré que si un chien (ou n’importe quel animal) est nourri au son d’une certaine sonnerie pendant un certain nombre de jours, il suffira par la suite qu’il entende la sonnerie pour se mettre à saliver comme s’il était déjà devant sa pâtée.
Inversement, si un chien reçoit un électrochoc au son d’une certaine sonnerie, il suffira par la suite qu’il entende la sonnerie pour sursauter, comme s’il se faisait électrocuter…
Les êtres humains d’aujourd’hui sont soumis à des conditionnements plus subtils, mais qui au fond, reposent sur le même principe d’association.
On met une belle fille à moitié nue sur une voiture, on multiplie l’affiche aux quatre coins de la France, et au final, une connexion se fait dans le cerveau de celui qui regarde : voiture de telle marque – belle fille. Sa faim de belles filles est ainsi redirigée vers les voitures, et il aura l’impression (trompeuse) de satisfaire son appétit tout charnel pour les unes en achetant une machine en métal.
Les conditionnements peuvent aussi fonctionner dans l’autre sens : on prend par exemple la photo d’un barbu, on met en dessous en lettres capitales le mot « terrorisme », et on multiplie ce genre d’association un peu partout. Au bout du compte, une excroissance naturelle du système pileux suffira à déclencher la même réaction de peur ou de colère que le terrorisme lui-même.
Du coup la lutte contre le terrorisme se transforme insensiblement en lutte contre les poils de barbe et lutte contre les barbus.
A tel point qu’un terroriste au menton lisse apparaît presque comme un oxymore, une impossibilité logique. Ce terroriste au visage imberbe a de fortes chances de passer inaperçu : n’entrant dans aucune catégorie mentale, il est invisible ou presque…. Ce qui est très pratique, quand on est terroriste.
Ou encore, on va accoupler « démocratie » et « respect », « droits de l’homme », « liberté », etc., créant ainsi un réflexe pavlovien positif en faveur du mot « démocratie » (je dis le mot, car dans tous ces conditionnements, ce qui est manipulé ce sont les mots, les images, les signes et les symboles – la réalité est malheureusement hors de cause.)
Et le fait même de mettre en lumière tous ces conditionnements peut agacer ceux qui sont ainsi dérangés dans leurs routines mentales, et qui se disent peut-être : mais c’est vrai que les terroristes sont des barbus ! mais c’est vrai que la démocratie, c’est le respect des droits de l’homme !... Alors à quoi ça rime de dire qu’on est conditionné ?
Chacun, selon les lunettes qu’il porte sur le nez, remarque certains détails du paysage et en délaissent d’autres. Ceux qui ne correspondent pas à sa vision préétablie (plus ou moins pavlovienne) des choses, sont considérés comme insignifiants, et mis au rancart.
On pourrait aussi bien sélectionner d’autres éléments du paysage, tracer d’autres routes pour le cheminement intellectuel.
Par exemple – et juste pour le plaisir d’écorner un peu un mot-idole – ne pourrait-on pas souligner le lien étroit qui unit démocratie et terrorisme ?...
Après tout, ce sont les démocrates qui ont inventé le terrorisme. Ce sont les démocrates qui ont fondé le terrorisme, en même temps que la démocratie, et pour assurer le triomphe de la démocratie.
C’est au cri de « Liberté, égalité, fraternité ! » que les premiers attentats terroristes contre une population civile ont été mené. Les terroristes d’alors croyaient fermement à la démocratie – et c’est en son nom qu’ils massacraient au hasard femmes, enfants et vieillards, durant la Terreur… prototype originel qui inspira tous les terrorismes qui lui ont fait suite.
Inversement, si un chien reçoit un électrochoc au son d’une certaine sonnerie, il suffira par la suite qu’il entende la sonnerie pour sursauter, comme s’il se faisait électrocuter…
Les êtres humains d’aujourd’hui sont soumis à des conditionnements plus subtils, mais qui au fond, reposent sur le même principe d’association.
On met une belle fille à moitié nue sur une voiture, on multiplie l’affiche aux quatre coins de la France, et au final, une connexion se fait dans le cerveau de celui qui regarde : voiture de telle marque – belle fille. Sa faim de belles filles est ainsi redirigée vers les voitures, et il aura l’impression (trompeuse) de satisfaire son appétit tout charnel pour les unes en achetant une machine en métal.
Les conditionnements peuvent aussi fonctionner dans l’autre sens : on prend par exemple la photo d’un barbu, on met en dessous en lettres capitales le mot « terrorisme », et on multiplie ce genre d’association un peu partout. Au bout du compte, une excroissance naturelle du système pileux suffira à déclencher la même réaction de peur ou de colère que le terrorisme lui-même.
Du coup la lutte contre le terrorisme se transforme insensiblement en lutte contre les poils de barbe et lutte contre les barbus.
A tel point qu’un terroriste au menton lisse apparaît presque comme un oxymore, une impossibilité logique. Ce terroriste au visage imberbe a de fortes chances de passer inaperçu : n’entrant dans aucune catégorie mentale, il est invisible ou presque…. Ce qui est très pratique, quand on est terroriste.
Ou encore, on va accoupler « démocratie » et « respect », « droits de l’homme », « liberté », etc., créant ainsi un réflexe pavlovien positif en faveur du mot « démocratie » (je dis le mot, car dans tous ces conditionnements, ce qui est manipulé ce sont les mots, les images, les signes et les symboles – la réalité est malheureusement hors de cause.)
Et le fait même de mettre en lumière tous ces conditionnements peut agacer ceux qui sont ainsi dérangés dans leurs routines mentales, et qui se disent peut-être : mais c’est vrai que les terroristes sont des barbus ! mais c’est vrai que la démocratie, c’est le respect des droits de l’homme !... Alors à quoi ça rime de dire qu’on est conditionné ?
Chacun, selon les lunettes qu’il porte sur le nez, remarque certains détails du paysage et en délaissent d’autres. Ceux qui ne correspondent pas à sa vision préétablie (plus ou moins pavlovienne) des choses, sont considérés comme insignifiants, et mis au rancart.
On pourrait aussi bien sélectionner d’autres éléments du paysage, tracer d’autres routes pour le cheminement intellectuel.
Par exemple – et juste pour le plaisir d’écorner un peu un mot-idole – ne pourrait-on pas souligner le lien étroit qui unit démocratie et terrorisme ?...
Après tout, ce sont les démocrates qui ont inventé le terrorisme. Ce sont les démocrates qui ont fondé le terrorisme, en même temps que la démocratie, et pour assurer le triomphe de la démocratie.
C’est au cri de « Liberté, égalité, fraternité ! » que les premiers attentats terroristes contre une population civile ont été mené. Les terroristes d’alors croyaient fermement à la démocratie – et c’est en son nom qu’ils massacraient au hasard femmes, enfants et vieillards, durant la Terreur… prototype originel qui inspira tous les terrorismes qui lui ont fait suite.
Idées personnelles et idées reçues
L'originalité n'est, selon une définition assez pertinente, que l'art de dissimuler ses sources...
En effet la plupart des idées sont reçues. Même nos idées les plus originales et les plus personnelles ne sont bien souvent que les enfants bâtards, secrets, d'idées reçues d'ailleurs.
Un peu comme la dernière pièce d’un puzzle, dont la forme et la couleur sont déductibles du contexte, une idée « personnelle » n’est souvent que l’ultime pièce manquante que l’on ajoute à un puzzle dont toutes les pièces nous viennent d’autre part...
Exemple :
- L’humanité a toujours souffert de guerres et de conflits… il faut mettre un terme à toute cette barbarie. (première pièce du puzzle)
- Laissés à eux-mêmes, les états sont incapables de faire régner la paix sur leurs territoires (deuxième pièce du puzzle).
- Tous les conflits tirent leur origine des nationalismes, des chauvinismes, des identités nationales (troisième pièce du puzzle).
Qui, en possession de ces trois pièces de puzzle, ne va pas trouver en lui-même la quatrième, celle qui donnera à l’image toute sa cohérence, la solution tant attendue ?...
C’est ainsi que les tenants du Gouvernement Mondial travaillent, non à imposer l’idée qu’un état et une police uniques à l’échelle du monde serait la solution à tous les problèmes de l’humanité, mais à faire germer cette idée dans les têtes.
Au lieu de donner la tomate directement, ils distribuent des graines de tomate, de l’engrais, un arrosoir et de l’eau.
En effet, on est nettement plus réceptif et crédule à l’égard des idées que l’on prend pour les siennes propres (celles qu’on a trouvées soi-même dans son propre jardin) qu’à l’égard de celles dont sait qu’elles nous viennent de l’extérieur.
En effet la plupart des idées sont reçues. Même nos idées les plus originales et les plus personnelles ne sont bien souvent que les enfants bâtards, secrets, d'idées reçues d'ailleurs.
Un peu comme la dernière pièce d’un puzzle, dont la forme et la couleur sont déductibles du contexte, une idée « personnelle » n’est souvent que l’ultime pièce manquante que l’on ajoute à un puzzle dont toutes les pièces nous viennent d’autre part...
Exemple :
- L’humanité a toujours souffert de guerres et de conflits… il faut mettre un terme à toute cette barbarie. (première pièce du puzzle)
- Laissés à eux-mêmes, les états sont incapables de faire régner la paix sur leurs territoires (deuxième pièce du puzzle).
- Tous les conflits tirent leur origine des nationalismes, des chauvinismes, des identités nationales (troisième pièce du puzzle).
Qui, en possession de ces trois pièces de puzzle, ne va pas trouver en lui-même la quatrième, celle qui donnera à l’image toute sa cohérence, la solution tant attendue ?...
C’est ainsi que les tenants du Gouvernement Mondial travaillent, non à imposer l’idée qu’un état et une police uniques à l’échelle du monde serait la solution à tous les problèmes de l’humanité, mais à faire germer cette idée dans les têtes.
Au lieu de donner la tomate directement, ils distribuent des graines de tomate, de l’engrais, un arrosoir et de l’eau.
En effet, on est nettement plus réceptif et crédule à l’égard des idées que l’on prend pour les siennes propres (celles qu’on a trouvées soi-même dans son propre jardin) qu’à l’égard de celles dont sait qu’elles nous viennent de l’extérieur.
11 septembre 2006
Le milieu de la paix
Un poème, pour changer.
Le milieu de la paix, n'est pas très peuplé.
Et la foule grondante s'arrête avant son bord... écume, tracas de cailloux jeté à la lisière comme le crachat de mépris d'un océan stupide et rageur.
Vaut-il mieux être in les problèmes, ou complètement out ?...
Vaut-il mieux un malheur glamour, ou un bonheur rétro, archaïque ?...
Vaut-il mieux une image étincelante qui dissimule un douloureux néant, ou un palais splendide à l'intérieur, à la façade défigurée par les tags ?...
J'ai choisi le milieu de la paix, et sa façade vandalisée. Que d'autres se précipitent à la poursuite d'un leurre qui brille, et regrettent en pleurant comme de petits enfants de ne pas pouvoir jouer avec le feu ou voler comme superman : le dénouement est l'hôpital.
Dans les silences laissés par l'intervalle des ruses, s'inscrit la ruse noble, celle qui complote une liberté plus grande. Au final, ce n'est pas le Mal
qui aura le dernier mot.
Le milieu de la paix, n'est pas très peuplé.
Et la foule grondante s'arrête avant son bord... écume, tracas de cailloux jeté à la lisière comme le crachat de mépris d'un océan stupide et rageur.
Vaut-il mieux être in les problèmes, ou complètement out ?...
Vaut-il mieux un malheur glamour, ou un bonheur rétro, archaïque ?...
Vaut-il mieux une image étincelante qui dissimule un douloureux néant, ou un palais splendide à l'intérieur, à la façade défigurée par les tags ?...
J'ai choisi le milieu de la paix, et sa façade vandalisée. Que d'autres se précipitent à la poursuite d'un leurre qui brille, et regrettent en pleurant comme de petits enfants de ne pas pouvoir jouer avec le feu ou voler comme superman : le dénouement est l'hôpital.
Dans les silences laissés par l'intervalle des ruses, s'inscrit la ruse noble, celle qui complote une liberté plus grande. Au final, ce n'est pas le Mal
qui aura le dernier mot.
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